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La lactation chez la jument : ce qu’il faut savoir

La lactation est un processus biologique essentiel à la vie du poulain, à sa croissance, à son développement et à sa protection immunitaire. Le lait maternel est sa source principale d’énergie, de nutriment, d’eau, de vitamines, de minéraux, d’acides gras et d’anticorps durant les premiers mois.

 

La jument produit du lait après le poulinage, aussi appelé mise bas, à la naissance du poulain. Cette production demande beaucoup énergétiquement au corps de l’animal, en particulier à la poulinière en lactation. Comprendre la physiologie, la composition du lait de la jument, les besoins nutritionnels, mais aussi les situations où la lactation devient un risque ou un problème, est essentiel pour assurer la santé de la mère et de son poulain.

Physiologie de la mamelle de la jument et composition du lait

Physiologie de la mamelle et durée de la lactation

La mamelle de la jument est constituée de deux glandes mammaires. Chaque glande possède des canaux et des alvéoles qui assurent la sécrétion du lait. Cette sécrétion débute à la fin de gestation, souvent quelques semaines avant le poulinage. La gestation de la jument dure environ onze mois.

Après la mise bas, la période de lactation dure en général entre 5 et 7 mois, parfois plus selon la gestion, le sevrage du poulain et l’alimentation. Le pic de lactation est atteint dans les premières semaines, souvent autour de la deuxième à la quatrième semaine après la naissance. À ce moment, la production laitière est maximum.

L’éjection du lait dépend de l’hormone appelée ocytocine, libérée lors de la tétée. La prolactine, dont la dopamine assure l’inhibition, joue un rôle clé pour produire du lait. Toute perturbation, comme le stress, un changement de box, un transport en van, ou une douleur (par exemple une colique), peut affecter ce mécanisme. Stress et lactation ne font pas bon ménage. 

Particularités du lait de jument

Le lait de jument contient une composition particulière. Il est proche du lait maternel humain, plus que le lait de vache ou le lait de brebis.

Le lait animal produit par la jument est assez pauvre en matières grasses mais riche en lactose. Sa teneur en calcium est adaptée à la croissance du poulain. Il contient des protéines de bonne qualité, des minéraux, et des vitamines du groupe B. La quantité de lait peut atteindre 15 à 20 litres par jour chez une poulinière bien nourrie.

Cette quantité importante explique pourquoi les besoins énergétiques et nutritionnels de la jument en lactation sont très élevés.

La consommation de lait par le poulain est répartie sur de nombreuses tétées, parfois toutes les heures au début.

Le colostrum

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Le colostrum, aussi appelé premier lait, commence à être produit durant les derniers mois de gestation, est excrété dans les premières heures après le poulinage. Il est crucial. Il apporte une protection immunitaire grâce aux anticorps qu’il contient.

 

Le poulain naît sans défenses immunitaires efficaces. Sans colostrum, le risque d’infection est fort.

 

La première tétée doit avoir lieu dans les deux heures suivant la naissance. Passé 12 à 24 heures, l’intestin du poulain ne peut plus absorber correctement les anticorps.

 

En cas de problème (jument qui n’allaite pas, poulain orphelin, lactation inappropriée), une consultation vétérinaire est indispensable.

 

Lactation de la jument : les conséquences sur les besoins alimentaires

Il est important de bien gérer l’alimentation durant la lactation. La lactation chez la jument a un effet direct sur ses besoins alimentaires. La production de lait demande beaucoup d’énergie, de protéines, de minéraux et d’eau. Une jument en lactation doit avoir un accès permanent à une hydratation suffisante. L’eau est souvent le point limitant de la production.

Le régime alimentaire doit être adapté à la jument gestante et en lactation. Le fourrage, en particulier le foin de bonne qualité, reste la base. Il doit être disponible en quantité suffisante. Un apport calorique complémentaire est souvent recommandé, via des concentrés riches en énergie et en protéine.

Les minéraux, notamment le calcium et le phosphore, ainsi que les vitamines, sont essentiels. Le rapport phospho-calcique devra se situer entre 1 et2. Un complément alimentaire peut être conseillé. L’objectif est de maintenir un bon état corporel. Une jument trop maigre verra sa production de lait diminuer, de même qu’une jument carencée.

Il est important de nourrir la jument progressivement, surtout après la fin de gestation. Une transition brutale peut provoquer des troubles digestifs. La nutrition de la jument influence directement la qualité du lait et donc la croissance du poulain.

Et quand ça se passe mal ?

Comment induire la lactation ?

L’induction de la lactation concerne surtout la jument non suitée, par exemple pour un poulain orphelin. Cette technique d’adoption est connue depuis le XIXe siècle, mais elle est aujourd’hui mieux codifiée grâce à l’étude scientifique.

Le protocole d’induction repose sur l’utilisation de produit hormonaux. La dompéridone et le sulpiride, qui agissent en bloquant l’inhibition par la dopamine, sont fréquemment utilisés. Ils stimulent la prolactine et donc la sécrétion de lait. Le traitement peut inclure une injection ou une administration orale, à dose contrôlée.

L’induction de la lactation demande du temps, souvent plusieurs jours, voire une semaine ou plus. La quantité de lait augmente progressivement. Il est parfois nécessaire d’activer la mamelle par une machine à traire ou une stimulation manuelle.

Comment aider la jument à stopper sa lactation ?

À l’inverse, il peut être nécessaire d’arrêter la lactation, par exemple après le sevrage, ou lors d’une lactation inappropriée. La prévention de lactation excessive repose sur une gestion correcte du sevrage du poulain.

Le sevrage doit être progressif, sur plusieurs semaines, afin de diminuer la production sans provoquer de douleur ou de symptôme comme une mammite. Réduire l’apport alimentaire, surtout les concentrés, est souvent efficace. Le fourrage reste suffisant, mais moins riche. 

Certains compléments alimentaires, à base de gattilier par exemple, peuvent aider à soutenir l’arrêt de la lactation. 

Ce qu'il faut retenir

La lactation chez la jument est un phénomène biologique complexe mais essentiel. Elle conditionne la survie, la santé et la croissance du poulain. Le lait produit est parfaitement adapté aux besoins du jeune, tant sur le plan nutritionnel qu’immunitaire.

 

Une alimentation de la jument bien pensée, un suivi attentif et une bonne gestion du sevrage permettent de limiter les risques.

 

En cas de problème, qu’il s’agisse d’induction de lactation, de lactation induite, ou d’arrêt de production, des protocoles existent et sont efficaces lorsqu’ils sont bien appliqués.

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