Parler de dopage dans le monde du cheval n’est jamais anodin. Le sujet touche à la fois la performance, l’éthique, la santé du cheval, la régulation sportive et même, parfois, la procédure judiciaire. Dans toutes les disciplines équestres organisées sous l’égide de la FEI, de la fédération française, ou dans le cadre des courses hippiques, des contrôles et des règles quant aux substances dopantes s’appliquent. Ce phénomène de dopage n’est pas nouveau : l’histoire du dopage, déjà décrite à l’époque des romains, montre que l’application de moyens pour augmenter la performance est presque aussi ancienne que le sport lui-même.
Mais qu’entend-on réellement par dopage chez les chevaux de sport ? Quelles sont les méthodes interdites, les produits dopants, les substances prohibées et les types de contrôles antidopage utilisés pour éviter le dopage des chevaux ? Comment s’opère le contrôle du dopage ou le contrôle sanguin chez les chevaux ? Et surtout, comment limiter le risque d’un contrôle positif, parfois involontaire, qui pourrait compromettre des mois d’entraînement, d’efforts et de traitement ?
Dopage : quels sont les moyens de détection ?
Le test urinaire
Le test urinaire est historiquement la première méthode utilisée dans la lutte contre le dopage équin. Il permet de rechercher des métabolites issus d’un médicament, d’un complément alimentaire ou d’une substance interdite. En compétition, à la suite d’une performance notable ou d’un tirage au sort, le cheval est conduit vers un espace contrôlé pour recueillir l’urine, parfois sous la surveillance d’un officiel mandaté. Cet examen se fait ensuite en laboratoire, via chromatographie et spectrométrie, des techniques sensibles capables de révéler des traces microscopiques plusieurs jours après l’administration du médicament ou de la substance dopante. Le temps de détection dépend de la molécule, ce qui rend parfois la frontière entre soin et infraction délicate. Une trace infime peut suffit à déclencher un soupçon, une enquête, voire une décision du parquet si la suspicion devient affaire judiciaire.
Le test sanguin
Le test sanguin, utilisé aujourd’hui de manière courante dans le sport hippique et dans les contrôles antidopage, est particulièrement précieux lorsqu’il s’agit de détecter une substance interdite circulant dans le sang ou d’identifier l’utilisation de méthodes interdites liées aux manipulations hématologiques. Contrairement à l’idée que l’on se fait parfois, un simple hémogramme ne suffit pas toujours à révéler un dopage sanguin. Il permet certes d’observer des variations physiologiques, comme une augmentation inhabituelle de l’hématocrite ou de l’hémoglobine, mais la production de globules rouges, lorsqu’elle est stimulée par une hormone, nécessite des méthodes analytiques plus fines. Dans ce contexte, la moelle osseuse n’est jamais prélevée, mais elle est indirectement concernée puisque c’est elle qui répond aux agents dopants par une élévation progressive des réticulocytes et de la capacité de transport de l’oxygène du sang, améliorant la performance du cheval en course (en galop par exemple) ou lors d’un concours.
Ces analyses sanguines jouent un rôle fondamental dans la lutte contre le dopage, car elles permettent non seulement une détection directe des substances, mais aussi une lecture indirecte d’altérations biologiques suspectes. Certaines affaires de dopage en France, en Espagne ou en Italie ont montré que l’exploitation d’un échantillon sanguin, associé à un examen urinaire, peut mener à la preuve formelle d’un contrôle positif, parfois suivie d’une suspension, d’une interpellation, voire d’une procédure judiciaire. Le tribunal arbitral du sport, comme les commissions nationales, peut être saisi si l’entraîneur, le propriétaire ou le cavalier conteste la décision.
Quand les tests sont-ils réalisés ?
Easy race
Soutien de l'effortLes contrôles antidopage peuvent survenir en pleine compétition, sur un lieu de concours, lors d’une manifestation organisée, ou au sein même de l’écurie lors de contrôle fortuits.
Certains chevaux sont testés car placés parmi les premiers, d’autres au hasard. Le tribunal arbitral du sport peut être saisi en cas de contestation du résultat ou de désaccord sur l’interprétation du règlement.
Une erreur de gestion, un oubli de délai thérapeutique ou un produit contaminé peuvent mener à suspension, parfois temporaire, parfois lourde de conséquences.
L’entraîneur, le vétérinaire, le propriétaire et le cavalier sont alors responsables, et l’affaire peut devenir lourde si l’on soupçonne une volonté de fraude.
Quels types de molécules recherche-t-on ?
Les molécules médicamenteuses
Les laboratoires recherchent en priorité des médicaments détournés de leur usage médical. Anti-inflammatoires, analgésiques, corticoïdes, stimulants : autant de produits qui, en masquant la douleur, permettent d’améliorer artificiellement la performance sportive.
Il arrive qu’un vétérinaire prescrive un traitement légitime pour le bien-être de l’animal, mais que le délai avant la reprise de la compétition soit mal calculé par l’entraineur, ou alors qu’il s’agisse d’un acte réalisé en toute connaissance de cause pour améliorer artificiellement les performances de l’animal. Une molécule encore détectable dans l’urine peut suffire à un contrôle positif, même sans intention frauduleuse.
Le code du sport, tout comme les directives de la fédération française, ne font pas de distinction entre acte volontaire et erreur : seule compte la présence d’une substance interdite.
La différence va plutôt résider dans la gravité de la sanction.
Les contaminants issus des plantes
La seconde grande catégorie concerne les contaminants issus des plantes. De nombreux produits alimentaires, poudres ou solutions naturelles peuvent contenir des alcaloïdes classés dans la liste des substances interdites. Ainsi, un mélange dit « naturel » mais non analysé peut devenir la cause d’un contrôle non conforme. L’usage des plantes, s’il n’est pas mauvais en soi, nécessite une rigueur absolue.
Guide de bonnes pratiques pour limiter les risques de dopage positif
Suivre les prescriptions vétérinaires
La première règle est simple : toujours respecter les prescriptions vétérinaires. Un carnet de soins bien tenu, des doses exactes, un contrôle des dates, permettent d’éviter la majorité des complications. Le cheval n’est pas une machine, et l’objectif premier d’un traitement est la santé, non la performance. La bonne communication entre entraîneur, vétérinaire, propriétaire et cavalier reste la meilleure protection contre le risque. Il convient également de conserver les ordonnances précieusement, et de les appliquer rigoureusement, aussi bien en terme de durée, que de dose.
Attention à l'utilisation des plantes
Les plantes ne sont pas exemptes de danger. Vérifier l’étiquetage, demander conseil à un professionnel, contrôler l’origine et la composition limite les risques réglementations. Une molécule naturelle peut être prohibée, et un simple complément mal maîtrisé peut entraîner une sanction. La prévention est ici déterminante. L’une des règles est d’utiliser des compléments alimentaires contrôlés pour les substances alimentaires prohibées.
Bonnes pratiques en écurie et en concours : paniers, hygiène…
En concours, lors des grands événements, au niveau national ou international, la prudence doit être maximale. Les affaires les plus étonnantes naissent parfois d’une contamination croisée. Un seau partagé, un cheval traité dans le box d’à côté, un pipi contenant des résidus médicamenteux où un autre viendra manger la paille : autant de situations banales pouvant faire basculer un résultat. La règle d’or est d’agir avec méthode :
- Garder chaque matériel à chaque cheval.
- Eviter que l’animal n’ingère ce qui ne lui est pas destiné.
- Bien identifier les chevaux « doping » et faire très attention aux boxes qu’ils occupent et matériels qu’ils utilisent.
- C’est ainsi que la lutte contre le dopage progresse, par des gestes simples mais constants.
Performance Athletic
Aliment complémentaire pour chevaux au travailCe qu'il faut retenir
Le dopage des chevaux met en jeu bien plus que des performances : il touche la confiance, l’éthique, la relation entre l’homme et l’animal, le sens même du sport. Chaque procédure, chaque contrôle, chaque article de loi vise à préserver l’intégrité de la compétition et le bien-être du cheval. La lutte contre le dopage ne cesse d’évoluer, car le doping change de forme, mais l’objectif reste le même : protéger le monde du cheval, empêcher l’utilisation de produits dopants, et maintenir l’esprit noble de la performance authentique.