Les puces et les tiques constituent les principaux parasites externes du chat et représentent un motif fréquent de consultation en pratique vétérinaire. Leur présence ne se limite pas à une simple nuisance cutanée : ces ectoparasites peuvent être à l’origine de troubles dermatologiques, de réactions inflammatoires marquées, d’atteintes générales liées à la spoliation sanguine, et de la transmission de nombreux agents pathogènes. Leur biologie, étroitement liée à l’environnement et aux conditions climatiques, explique la fréquence des infestations et leur caractère parfois récidivant.
Une identification précoce, associée à une stratégie de prévention rigoureuse et adaptée au mode de vie du chat, constitue un pilier essentiel de la protection sanitaire et du maintien de son état de santé général. Nous vous expliquons tout en détail au sujet de ces parasites dans cet article.
Comment les reconnaître ?
Qu'est-ce qu'une puce ?
Une puce fait partie de la grande famille des ectoparasites. Cet insecte de quelques millimètres, brun et sans aile, peut infester les mammifères, dont les hommes.
Chez le chat, ces parasites vivent dans le pelage lorsqu’elles ont atteint le stade adulte et piquent entre 4 et 10 fois par jour pour se nourrir du sang. Toutes ces piqûres irritent la peau et peuvent créer des démangeaisons, engendrant grattage et léchage de la part de l’animal.
1 à 2 jours suivant la piqûre, la femelle pond des œufs dans le pelage du chat, ces derniers tombent rapidement du pelage et s’installent dans son environnement, car ils ne peuvent pas s’agripper à ses poils. Il est important de savoir que les puces se développent idéalement entre environ 20 et 30 °C avec une humidité suffisante, facilitant l’éclosion des œufs et leur cycle de vie.
Lors des différents stades de vie d’une puce avant l’âge adulte (œuf, larve, nymphe), ces parasites ne sont pas directement sur le pelage de l’animal, mais dans notre environnement chaud et confortable. Seules les puces adultes contaminent les animaux de compagnie.
Les œufs des puces se nichent dans les lieux de la maison les plus fréquentés par le chat (Ex : son panier, les coussins, sur les couvertures et les tapis, le canapé…) et éclosent au bout de 10 jours. Lorsque le stade adulte de la puce est atteint, il suffit à votre chat de se balader dans ces lieux habituels pour les attraper.
Aujourd’hui, on répertorie plus de 2000 espèces de puces différentes, dont la plus fréquemment rencontrée chez les animaux de compagnie est la ctenocephalide felis. Selon le type d’espèce et leur environnement de développement, les puces ont une durée de vie entre 50 jours et plusieurs mois.
Qu'est-ce qu'une tique ?
La tique est une espèce appartenant à la famille des acariens, possédant une paire de 4 pattes et dont la taille peut aller jusqu’à 1 cm lorsqu’elle est gorgée de sang après une piqûre. Contrairement à la puce, la tique ne saute pas et ne vole pas, elle vit dans l’environnement et plus particulièrement dans les herbes hautes, les champs, les jardins, les haies… De plus, elle ne se déplace jamais sur l’animal, lorsqu’elle est accrochée, elle ne bouge plus.
Les zones sensibles les plus touchées par les tiques : autour de la tête, au niveau du cou, entre les omoplates, autour des coussinets, ventre, flancs, museau…
Bien que la tique puisse être présente toute l’année, elle se développe plus facilement au printemps et à l’automne, lorsque les conditions sont douces (température supérieure à 10 °C) et humides.
Au cours de ses sorties, votre chat peut entrer en contact avec une tique qui, en se fixant sur sa peau pour se nourrir, peut lui transmettre certaines maladies (Ex : maladie de Lyme, Piroplasmose, Anaplasmose…).
Comment savoir si mon chat est infesté de puces ou de tiques ?
L’inspection attentive de votre chat est l’action la plus efficace pour savoir s’il y a présence de parasites externes. En effet, il est conseillé de commencer par observer d’éventuels signes (Ex : changement de comportement, grattage ou léchage répétés), puis de procéder à une inspection attentive de la peau et du pelage.
Lors de l’inspection de la peau, il est possible que vous observiez des points noirs, il s’agit de « déjections de puces ». À la suite, n’hésitez pas à peigner votre chat au-dessus d’une feuille blanche humide, si vous observez des points noirs tombés, alors il est sûr qu’il est infesté de puces.
La prévention : le meilleur remède contre les puces et les tiques
Quels risques ces parasites ont-ils pour le chat ?
Les puces et les tiques ne sont pas qu’un simple inconfort, il y a un risque accru qu’elles transmettent des maladies. Lorsque votre chat a des parasites, les piqûres entraînent généralement des démangeaisons, du grattage intense engendrant des irritations (rougeurs) et parfois des lésions cutanées importantes.
Une réaction allergique telle que la dermatite allergique (hypersensibilité à la salive de puce) peut se déclencher chez les chats les plus sensibles et nécessite une visite urgente chez un vétérinaire.
Si votre chat est sujet à une infestation massive, la spoliation sanguine engendrée par ces parasites peut amener une fatigue marquée, un amaigrissement, ou une anémie pouvant devenir dangereuse chez les chatons ou les chats fragiles.
Lorsque vous observez ces signes cliniques (comportementaux et cutanés) ou symptômes inquiétants, il est important de consulter un vétérinaire.
Maladies transmissibles par les puces et les tiques
Les tiques transmettent des bactéries et autres agents pathogènes hémotropes responsables de l’apparition de plusieurs symptômes : fièvre, douleurs, vomissements ou encore troubles neurologiques…
Les puces quant à elles, ont aussi des effets graves sur la santé de votre animal puisqu’elles sont coupables de différentes maladies :
- Dipylidiose (parasites intestinaux lors de l’ingestion des puces),
- Bartonellose (bactérie responsable de fièvre, d’abattement et de ganglions),
- Dipylidium caninum (ténia du chat observé par des vers présents dans les selles).
La prévention est la solution pour protéger votre chat de tous ces risques pouvant impacter son mode de vie.
Vérification et prévention au quotidien
Hygiène, inspection attentive et vigilance : les maîtres-mots clé pour éviter une infestation de ces parasites.
- Vérification de la peau de votre chat à chaque retour de promenades (tête, cou, entre les omoplates, coussinets, ventre, flancs, museau…). Pour les tiques, des petits points noirs ou des bosses gonflées (Ex : croûte ou grain de beauté) peuvent s’observer sur les zones sensibles (tête, cou, oreilles, aisselles ou entre les coussinets).
- Vérification du pelage avec le peigne à puces, cherchez des insectes brun-rougeâtres minuscules (1-2 mm) qui bougent vite à la base des poils.
- Contrôle des excréments du chat : des vers plats (Ex : Dipylidium caninum) ressemblants à des grains de riz dans les selles peuvent vous alerter.
Traitement des parasites externes
Ce type de traitement s’applique en externe de différentes manières possibles. La pipette, à appliquer mensuellement entre les omoplates de votre chat a un effet répulsif, tout comme le collier antiparasitaire (pour les chats d’extérieur, dont la protection agit durant plusieurs mois). Comprimés, sprays, shampoings sont aussi utilisés en prévention ou comme curatif ponctuel.
Traitement des parasites internes
Le vermifuge s’administre par voie orale et cible les vers digestifs en agissant à l’intérieur de l’organisme afin de tuer et d’expulser les vers.
CHATON :
Dès 3 semaines : toutes les 2 semaines jusqu’à 2 semaines après le sevrage.
De 2 mois à 6 mois : 1 fois par mois.
CHAT ADULTE :
Chat d’extérieur : tous les 3 mois minimum.
Chat d’intérieur : 2 fois par an.
Comment éliminer l'infestation ?
Le traitement contre les puces repose sur un antiparasitaire vétérinaire adapté, associé à une désinfection totale de l’environnement, car 95 % des puces se trouvent hors de votre chat.
NOS CONSEILS :
– Traitement de l’animal : effectuer les traitements antiparasitaires internes (vermifuges) et externes (antipuces) afin de traitement et d’éradiquer totalement ces parasites.
– Traitement de l’environnement : laver la literie et les coussins (60°C), nettoyer et désinfecter la litière, aspirer les tapis et les sols… Jetez le sac d’aspirateur ou laver le filtre à chaud (>60°C) pour tuer les oeufs/larves et éviter leur développement.
Lorsqu’une tique est porteuse de bactéries ou de parasites indésirables, le risque de transmission augmente nettement après environ 48 heures de fixation sur le chat. L’enjeu est donc de les retirer avant ce délai afin de limiter les risques associés.
NOS CONSEILS :
– Élimination manuelle : A l’aide d’un crochet à tique, retirez ces parasites de la peau de votre chat. Soyez vigilant et précis, si le corps « entier » de la tique n’est pas retiré, une réaction inflammatoire ou une infection locale peut survenir. Il s’agit d’une manipulation sans aucune difficulté et bien tolérée par votre animal. Une fois l’extraction effectuée, nous vous conseillons de désinfecter.
– Élimination par produit : spray, colliers, comprimés, poudre, pipettes… Il existe de nombreux produits pour traiter votre chat des tiques. Bien qu’ils soient tous efficaces, il est préférable d’utiliser un produit dont l’action est rapide si votre animal est déjà infesté. Nous vous déconseillons d’utiliser un produit anti-tiques pour les chiens, car certaines molécules peuvent être fortement toxiques pour les chats.
Ce qu'il faut retenir
Puces et tiques sont des parasites omniprésents dont les conséquences sur la santé du chat peuvent être multiples et parfois sérieuses. Leur capacité à se développer rapidement, à persister dans l’environnement et à transmettre différents agents pathogènes impose une vigilance constante, quel que soit le mode de vie de l’animal. Savoir reconnaître précocement les signes d’infestation, comprendre les risques associés et agir sans délai permet de limiter les complications cutanées, générales ou infectieuses.
La mise en place d’une prévention antiparasitaire régulière, adaptée à l’âge, à l’état de santé et aux habitudes de vie du chat, associée à une hygiène rigoureuse de l’environnement, reste aujourd’hui la stratégie la plus efficace pour protéger durablement l’animal. En cas de doute, de symptômes persistants ou d’infestation avérée, le recours au vétérinaire est indispensable afin d’établir un protocole de traitement approprié et sécurisé. La lutte contre les puces et les tiques s’inscrit ainsi pleinement dans le suivi sanitaire global du chat et contribue activement à préserver son bien-être et sa qualité de vie au quotidien.